Mémoire communale

Histoire d'Aprey

Des premières seigneuries médiévales aux faïences qui ont fait le tour de l'Europe, Aprey s'est développé entre forêts, halles de marché et ateliers.

Repères

  • • Seigneurie et cure attestées dès le XIᵉ siècle.
  • • Église Saint-Bénigne : nef XIIᵉ, remaniements aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles.
  • • Château édifié vers 1750 par les Lallemant.
  • • Population : 600 habitants à la fin du XVIIIᵉ siècle, ~190 aujourd'hui.
  • • Point culminant de la Haute-Marne : Haut de Baissey (523 m) sur la commune.
Carte de situation d'Aprey

Nos ancêtres

Les premières mentions d'Aprey remontent au XIᵉ siècle. Le territoire est alors partagé entre clairières agricoles et forêts giboyeuses, avec des seigneurs locaux qui exercent droit de justice et de halle. La proximité de la voie Langres-Bourgogne favorise échanges et foires.

Au fil des siècles, les familles seigneuriales (notamment les Lallemant) consolident le domaine, édifient l'église puis le château, tandis que le village se structure autour des halles et des sources de la Vingeanne.

Église et centre du village

La faïencerie (1742‑1892)

1742 voit la première mention de la faïencerie. Jacques puis Joseph Lallemant font venir le peintre flamand Jean‑François Frossard. En 1760 Joseph, revenu de Saxe, donne un essor considérable à la production en s'associant à son frère.

Dès 1760 le Suisse Protaix Pidoux (venu de Mennecy) signe des pièces au petit feu. En 1769 Joseph s'associe avec le céramiste nivernais François Ollivier, futur premier maire (1790‑1792). S'ajoute une équipe de peintres renommés : Antoine Ergot, Antoine Mège, Jacques Jarry, etc.

De 1769 à 1792, Aprey concurrence Sceaux ou Strasbourg avec ses décors floraux, oiseaux et chinoiseries. Un magasin ouvre à Paris, des marchands rayonnent jusqu'à Lyon et Angoulême. La population culmine à près de 600 habitants.

Après la faillite de Joseph Lallemant (1778), la fabrique poursuit sous François Ollivier jusqu'en 1795, puis renaît au XIXᵉ siècle grâce à la famille Girard qui modernise l'outil avec machine à vapeur. Les derniers fours s'éteignent vers 1892.

Cruche décor floral ApreyJardinière décor chinois
Pot XVIIIeSoupière XVIIIeAssiette Aprey

Pièces conservées aux musées de Langres (sources : site historique apre52.free.fr).

Splendeur du XVIIIᵉ

Entre 1760 et 1790, Aprey connaît son âge d'or : la faïence s'exporte vers Paris et Lyon, les foires attirent des milliers de visiteurs, et le château se dote de jardins à la française. La population approche 600 habitants, portée par les ateliers et les activités forestières.

Cette prospérité s'accompagne d'un maillage associatif et spirituel : confréries, musiques, écoles paroissiales. De cette période demeurent les halles, l'église remaniée et l'héritage artisanal qui fait encore la renommée du village.

Château d'Aprey

Les halles

Reconstruites en 1838 à partir d'une halle probable du XVIIᵉ siècle, elles servirent aussi de première mairie (Fête de la Fédération en 1790, adjudications, proclamation du ban des vendanges). Aprey bénéficiait du droit de halle et de foires (six foires annuelles, 30 000 visiteurs).

Les laves d'origine ont été remplacées par des tuiles en 1882. Une rénovation complète est engagée en 1997 (programme ADECAPLAN) avec inauguration lors des Journées du Patrimoine.

Plan d'architecte des hallesCharpente de la halle restaurée

Haute-Marne en bref

Aprey se situe au sud du département de la Haute-Marne, dans la région Grand Est. Quelques repères pour situer la commune dans son territoire.

Superficie & relief

6 211 km² de plateaux et forêts. Point culminant : Haut-du-Sec, 516 m (Plateau de Langres).

Population & densité

171 042 habitants (INSEE 2021), densité ~29 hab./km². Principales villes : Chaumont, Saint-Dizier, Langres.

Bibliographie rapide

  • Bulletin municipal (extraits, 2006) – vie communale et opérations d'habitat.
  • Brochure « Les halles au cœur du village », collection Pierres et Terroir (1997).
  • Musées de Langres – collections de faïences d'Aprey (XVIIIᵉ‑XIXᵉ).