Mémoire communale

Histoire d'Aprey

Des premières seigneuries médiévales aux faïences qui ont fait le tour de l'Europe, Aprey s'est développé entre forêts, halles de marché et ateliers.

Repères

  • • Seigneurie et cure attestées dès le XIᵉ siècle.
  • • Église Saint-Bénigne : nef XIIᵉ, remaniements aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles.
  • • Château édifié vers 1750 par les Lallemant.
  • • Population : 600 habitants à la fin du XVIIIᵉ siècle, ~190 aujourd'hui.
  • • Point culminant de la Haute-Marne : Haut de Baissey (523 m) sur la commune.
Carte de situation d'Aprey

Nos ancêtres

Les premières mentions d'Aprey remontent au XIᵉ siècle. Le territoire est alors partagé entre clairières agricoles et forêts giboyeuses, avec des seigneurs locaux qui exercent droit de justice et de halle. La proximité de la voie Langres-Bourgogne favorise échanges et foires.

Au fil des siècles, les familles seigneuriales (notamment les Lallemant) consolident le domaine, édifient l'église puis le château, tandis que le village se structure autour des halles et des sources de la Vingeanne.

Église et centre du village

La faïencerie (1742‑1892)

1742 voit la première mention de la faïencerie. Jacques puis Joseph Lallemant font venir le peintre flamand Jean‑François Frossard. En 1760 Joseph, revenu de Saxe, donne un essor considérable à la production en s'associant à son frère.

Dès 1760 le Suisse Protaix Pidoux (venu de Mennecy) signe des pièces au petit feu. En 1769 Joseph s'associe avec le céramiste nivernais François Ollivier, futur premier maire (1790‑1792). S'ajoute une équipe de peintres renommés : Antoine Ergot, Antoine Mège, Jacques Jarry, etc.

De 1769 à 1792, Aprey concurrence Sceaux ou Strasbourg avec ses décors floraux, oiseaux et chinoiseries. Un magasin ouvre à Paris, des marchands rayonnent jusqu'à Lyon et Angoulême. La population culmine à près de 600 habitants.

Après la faillite de Joseph Lallemant (1778), la fabrique poursuit sous François Ollivier jusqu'en 1795, puis renaît au XIXᵉ siècle grâce à la famille Girard qui modernise l'outil avec machine à vapeur. Les derniers fours s'éteignent vers 1892.

Cruche décor floral ApreyJardinière décor chinois
Pot XVIIIeSoupière XVIIIeAssiette Aprey

Pièces conservées aux musées de Langres (sources : site historique apre52.free.fr).

Splendeur du XVIIIᵉ

Entre 1760 et 1790, Aprey connaît son âge d'or : la faïence s'exporte vers Paris et Lyon, les foires attirent des milliers de visiteurs, et le château se dote de jardins à la française. La population approche 600 habitants, portée par les ateliers et les activités forestières.

Cette prospérité s'accompagne d'un maillage associatif et spirituel : confréries, musiques, écoles paroissiales. De cette période demeurent les halles, l'église remaniée et l'héritage artisanal qui fait encore la renommée du village.

Château d'Aprey

Les halles

Reconstruites en 1838 à partir d'une halle probable du XVIIᵉ siècle, elles servirent aussi de première mairie (Fête de la Fédération en 1790, adjudications, proclamation du ban des vendanges). Aprey bénéficiait du droit de halle et de foires (six foires annuelles, 30 000 visiteurs).

Les laves d'origine ont été remplacées par des tuiles en 1882. Une rénovation complète est engagée en 1997 (programme ADECAPLAN) avec inauguration lors des Journées du Patrimoine.

Plan d'architecte des hallesCharpente de la halle restaurée

Haute-Marne en bref

Aprey se situe au sud du département de la Haute-Marne, dans la région Grand Est. Quelques repères pour situer la commune dans son territoire.

Superficie & relief

6 211 km² de plateaux et forêts. Point culminant : Haut-du-Sec, 516 m (Plateau de Langres).

Population & densité

171 042 habitants (INSEE 2021), densité ~29 hab./km². Principales villes : Chaumont, Saint-Dizier, Langres.

Chroniques locales

Reprise des articles complets de l’ancien site communal, avec leurs photos et documents d’époque.

Splendeur du XVIIIeouvrir
Histoire - Splendeur du 18eme

La splendeur du XVIIIe siècle

APREY était en Bourgogne (baillage de Chatillon sur Seine et Généralité de Dijon).

En 1775, dans sa Description Générale et Particulière du Duché de bourgogne, l'abbé Courtépée note: "Ce village, enclave du bassigny, est dans un fond, près de la Source de la Vingeanne qui sort au bas du bois de Montmoyen, manufacture de faïence à l'imitation de Strasbourg, blanchisserie de toile, verrerie, belle tuilerie, un moulin, bois, six foires, marché le Mercredi, 123 feux, 430 communiants ... Doyenné de Langres, vocable de St Bénigne.".

APREY (près Longeau) - Place principaleLes habitants tirent leur subsistance de la terre: laboureurs, manouvriers, vignerons (41,5 ha de vignes au cadastre de 1838), d'un maigre élevage de moutons et de chèvres et de bovins gardés par 2 pâtres communaux. D'autres sont artisans (maçons, charpentiers, menuisiers, cordonnier, tisserands favorisés par la culture du chanvre, etc...) du commerce (cabaretiers, marchands) ou des services (notaire, greffier, recteur d'école). Le seigneur et les bourgeois emploient de nombreux domestiques.

APREY - La GareCependant 3 activités que l'on appellerait aujourd'hui industries dominent cette période: la tuilerie, la verrerie (qui a fonctionné de 1764 à 1809) et surtout la faïencerie, qui emploient, d'après les Lallemant 200 personnes. Les foires dont témoignent les halles actuelles rebâties en 1839, attiraient à Aprey 30.000 personnes par an dit une délibération du Conseil Municipal du 24 Brumaire An III, qui recense 596 habitants.

APREY - Mairie et EcolesChâteau d'APREY
APREY - Rue Principale et Hôtel GilletAPREY - Petite Rue - Hôtel du Mouton Blanc

Légende des photos anciennes dans leur ordre d'apparition :

  1. APREY (près Longeau) - Place principale
  2. APREY - La Gare
  3. APREY - Mairie et Ecoles
  4. Château d'APREY
  5. APREY - Rue Principale et Hôtel Gillet
  6. APREY - Petite Rue - Hôtel du Mouton Blanc

voir l'histoire de la Faïencerie
voir l'histoire des Halles


Date de création : 25/06/2006 @ 20:19
Dernière modification : 01/07/2006 @ 19:23
Catégorie : Histoire


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Les hallesouvrir
Histoire - Les halles

Les Halles d'Aprey


Dans leur état actuel, elle ont été reconstruites en 1838 avec les matériaux des anciennes datant probablement du XVIIe siècle. Plan de l'architecte Gaullet, figurant la halle avant 1838Le Conseil municipal de 1838 faute de crédits suffisants a en effet accepté les devis et plans de l'architecte Gaullet à Langres et adjugé la reconstruction à l'entrepreneur Robelet à Buzon puis s'est ravisé, passant une transaction avec Antoine Marie, le voisin pour aboutir au bâtiment tel qu'il se présente aujourd'hui, sauf la couverture. Les bois sont donc une réutilisation mais les laves reprises en 1838 ont été remplacées par des tuiles d'Aprey René Bollotte, en 1882.

A partir de 1790, la halle publique fut en quelque sorte la première mairie du village, servant de cadre à la Fête de la Fédération le 14 Juillet 1790, à la prestation du serment de la Garde nationale, à diverses adjudications et décisions municipales sans compter la proclamation du ban des vendanges jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Trois lieux du Sud Hautmarnais ont eu le privilège ancestral de droit de halle et étaux et par conséquent de tenir foires: Langres, Montsaugeon et Aprey, les deux derniers étant les seuls à conserver de tels édifices. En 1528, par lettres patentes, François Ier a accordé ce privilège confirmé ensuite par Charles IX en 1568.

Au XVIIIe siècle, période de splendeur avec la faïencerie, la verrerie, la tuilerie, la blanchisserie de toiles, les nombreux artisans et paysans, fort d'une population qui a culminé en 1794 (596 h), les foires au nombre de 6 attiraient 30.000 personnes annuellement au village et, par là même, dynamisaient un important commerce mais aussi des hôtels et cabarets. Tout ce dynamisme prit fin à la fin du XIXe siècle, emporté par l'exode rural et la révolution Industrielle, faisant chuter la population.

La rénovation des Halles

Charpente de la halle restauréePensant que la halle, gage de la pérennité de notre commune et ayant besoin d'une cure de rajeunissement, constituait un centre d'intérêt particulièrement précieux, le Conseil municipal a inscrit sa rénovation à un programme subventionné (DGE 1996), entrepris les consultations et placé cette opération dans le cadre de la politique touristique de l'ADECAPLAN. la journée du patrimoine, en septembre 1997 a vue ainsi la sortie de la brochure Les halles au cœur du village - collection Pierres et Terroir accompagnée d'expositions, d'animations et visites costumées et guidées avec comme point central: la halle restaurée et inaugurée.


Date de création : 01/07/2006 @ 18:49
Dernière modification : 01/07/2006 @ 19:27
Catégorie : Histoire


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Histoire de l'écoleouvrir
Histoire - Histoire de l'école

La longue histoire de l'école à Aprey

École et logement avant la restauration de 1995Au moment où Mme Colette Robin, institutrice à Aprey depuis 1975, à fait valoir ses droits à la retraite que nous lui souhaitons longue et heureuse, la chronique historique du bulletin municipal s'est penché, à travers deux numéros (printemps et automne 2002), sur trois siècles de vie scolaire.

De bâtiments rustiques,
S'édifièrent deux écoles,
Où naquit la pratique
D'enfants en leur envol.

Les recteurs d'école au XVIIIe siècle

  • 1741-1763 : Bénigne MONNIOT (et son fils Louis Charles en 1760)
  • 1763-1774 : Didier VAUTHELIN (devient notaire en 1774)
  • 1774-1776 : Jean NOBLOT (désigné en 1787 "Maître d'école")
  • 1776-1779 : Nicolas RICHARD
  • 1779-1781 : Jean HUSSON (deviendra greffier et juge)
  • 1785-1787 : Etienne MICHELOT
  • 1787-1790 : François NOBLOT
  • 1790-1793 : Nicolas DARCEMONT

Le recteur d'école est nommé par l'Evêché ou le Collège de Langres pour enseigner aux enfants, en grande majorité aux garçons dans un lieu appelé La classe de campagne, par VAN OSTADE (1610-1685) - Musée du Louvre "Collège" (qui se situait à proximité du presbytère) et se trouve rétribué par ses élèves. Son enseignement à base de livres religieux concerne essentiellement la lecture, l'écriture et le calcul et l'apprentissage des textes saints. Le recteur assiste le prêtre dans toutes les cérémonies officielles (mariages, baptêmes, inhumations) et signe le registre paroissial. Dans celui-ci, le taux de gens "ne savant signer" a tendance à fortement diminuer par rapport au XVIIe siècle.

Ordonnance de Louis XV (1724)
... Voulons qu'il soit établi autant qu'il sera possible des maîtres et des maîtresses d'école dans toutes les paroisses où il n'y en a point, pour instruire tous les enfants des principaux mystères et devoirs de la religion catholique, apostolique et romaine, les conduire à la messe tous les jours ouvriers autant qu 'il sera possible, et avoir soin qu'ils assistent au service divin les dimanches et fêtes; comme aussi pour y apprendre à lire et même écrire à ceux qui pourront en avoir besoin ; le tout ainsi qu'il sera ordonné par les archevêques.

Instituteurs et institutrices aux XIXe et XXe siècles

Sans que l'on puisse en déterminer exactement la date, mais certainement en 1793, les premiers instituteurs primaires apparaissent sous la Révolution. L'on ne peut guère se fier à la délibération de 1830 disant : "Depuis plus de cinquante ans, il existe une école qui renferme les filles et les garçons. Seulement depuis deux ans la commune a construit à ses frais une seconde Chambre d'école attenant à la première préparée pour diviser les deux sexes."

Affirmation certaine celle-ci : La nomination de Jean Husson (déjà cité) comme instituteur primaire par le Recteur de l'Académie de Dijon en 1813, fonction qu'il exerce jusqu'à 1821. Louis Chaudouet le remplace jusqu'en 1831 suivi d'Antoine Magdelaine jusqu'en 1834, celui-ci titulaire du Brevet de capacité décerné en 1825 que nous reproduisons intégralement car il apporte tous les éléments exigés pour un tel poste :

    "Nous Inspecteur Général, Recteur de l'Académie de Dijon, chevalier de l'Ordre Royal de la Légion d'honneur, sur le rapport qui nous a été fait par M. Rebouillet, principal du Collège de Chaumont chargé de l'examen des individus qui se destinent à l'enseignement primaire portant que le sieur Magdelaine Antoine né à Latrecey (Hte-Marne) le 31 mars 1804 a été examiné sur la lecture, la calligraphie, l'orthographe, les principales règles de l'arithmétique ainsi que sur les procédés de leur enseignement et qu'il a fait preuve de la capacité requise pour exercer les fonctions d'instituteur primaire de deuxième degré.
    Après nous être également assuré qu'il possède une connaissance suffisante des principes et des dogmes de la Religion.
    Vu les certificats de bonne vie et mœurs produits par le sieur Magdelaine Antoine, lui avons accordé le présent Brevet qui lui est nécessaire pour pouvoir être appelé aux dites fonctions."

Après lui, commence la plus longue carrière d'enseignant à Aprey, celle de Joseph Moliard (né au village) jusqu'en 1875, soit 41 années après 3 années passées à Flagey. Atteint de maladie, il doit cesser ses fonctions et meurt à cette date à l'âge de 62 ans. Tout ce long temps passé à Aprey se déroule en l'actuelle salle des fêtes lui servant également de résidence.

Avec une inconnue pour la période,1919-1927, suivent de très long temps de dévouement de:

  • Dassigny Pierre né à Cusey en 1850, nommé successivement à Montigny (1870), Pierrefaites, Villemoron et à Aprey de 1875 à 1891 avant d'être nommé à Hortes. Titulaire du Brevet Supérieur et du CAP.
  • André Henri né à Biesles en 1860, nommé à Eurville (1880) puis Chevillon, Chalmessin et à Aprey de 1891 à 1919 (retraite). Titulaire du Brevet Elementaire
  • Girardot Maurice, né en 1904 à Aprey, nommé en 1924 à Leuchey puis Aujeurres et à Aprey de 1927 à 1959 (retraite). A noter 5 années de captivité de 1940 à 1945. Titulaire des Brevets Elémentaire et Supérieur, du CAP et du Brevet d'aptitude à l'enseignement de la gymnastique.
  • Mathey Marie-Thérèse née en 1920 à Hortes, nommée à Varennes sur Amance en 1919 puis à Orbigny au Val, Montigny, Plesnoy, Aprey (1945), Perrogney, Flagey et à Aprey de 1959 à 1975 (retraite). Titulaire du Bac A1 et philosophie, CAP.
  • Robin Colette née en 1947, nommée à Varennes sur Amance en 1967 puis à divers remplacements puis à Courcelles en Montagne (1968-1971), à Perrogney (1971-1975) et à Aprey (1975-2002). Titulaire du Baccalauréat et du CAP.

De 1857 à 1919, une école de filles fonctionne, dans un endroit indéterminé d'abord, puis à l'emplacement actuel de 1878 à 1919. Quatre institutrices peuvent être relevées : Sœur Marie Philomène née Mongin de 1868 à 1897 (école tenue par les sœurs de la Providence), Delahaye Clémence (1897-1898), Nageotte Marie( 1898-1905), André Jeanne Angèle (1905-1911). En 1919, une seule classe fonctionne et devient mixte.

De 1932 à 1945, une section enfantine ouvre ses portes sous la houlette de :

  • Lahaye Suzanne (1932-1933)
  • Joly Andrée (1933-1934)
  • Hauplomb Jeanne (1933-1935)
  • Dubois Jeanne (à partir de 1935)

Pour clore ce chapitre et faute de renseignements, nous ne portons pas les remplacements.

Effectifs élèves

A partir des registres matricules et cahiers d'appel.
Le nombre peut légèrement varier en fonction des départs et arrivées de l'extérieur.

Deux écoles

  • 1889-1890 : École de filles 29 élèves - École de garçons 38 élèves
  • 1890-1891 : École de filles 29 élèves - École de garçons 43 élèves

L'inspecteur note que 55 filles sont inscrites en 1892 mais seulement 30 présentes, ce qui montre la fréquentation très irrégulière, malgré l'obligation.

  • 1899-1900 : École de filles 23 élèves - École de garçons 34 élèves
  • 1934-1935 : Section enfantine 19 élèves - Grande section 39 élèves

Classe unique

  • 1949-1950 : 29 élèves
  • 1950-1951 : 30 élèves

L'année scolaire commençait au 1er Octobre.

  • 1958-1959 : 32 élèves dont 3 en fin d'études, 5 en CM2, 7 en CM1, 6 en CE2, 4 en CE1 et 7 en CP
  • 1970-1971 : 28 élèves dont 3 en CM2, 6 en CM1, 4 en CE2, 3 en CE1, 5 en CP et 7 en Section enfantine (désormais les grands entrent au collège et les petits arrivent avant le CP).
  • 1980-1981 : 11 élèves
  • 1989-1990 : 22 élèves

Regroupement pédagogique Aprey-Baissey

  • 1991-1992 : 16 élèves à Aprey
  • 2001-2002 : 15 élèves à Aprey (+ 3 en maternelle à Longeau, + 20 à Baissey)

Quelques appréciations des années du début du XXe siècle

  1. Enfant anormale, aucune intelligence. Est sortie de l'école sans savoir lire. Reste avec ses parents.
  2. Elève d'intelligence très médiocre, mais assez travailleuse et docile. Aide ses parents dans leur travail. N'a jamais fréquenté le cours d'adultes.
  3. Elève intelligente et travailleuse, aimant l'école. La guerre l'a empêchée de fréquenter en 1914-1915, son fiancé étant mobilisé, mais elle suit assidûment les cours d'adultes. Aide ses parents dans leur travail.
  4. Enfant intelligente. Sera une bonne élève si elle fréquente régulièrement l'école.
  5. Elève peu avancée, ne fréquentant pas régulièrement l'école, bonne conduite. Rentrée dans sa famille pour venir en aide à ses parents qui sont cultivateurs.
  6. Peu intelligent, dissipé, peu travailleur. Aucun goût pour l'étude. Aide ses parents.
  7. Elève extraordinairement doué. Vient en aide à son père. Aîné d'une famille de 10 enfants. Fréquente les cours d'adultes.
  8. Bon élève.
  9. Elève d'intelligence moyenne mais d'une paresse inconcevable pour le travail de classe.
  10. Placé à Malroy. Intelligence très médiocre, caractère très difficile, c'est pour essayer d'améliorer ce caractère que le père l'a placé à Malroy comme interne.
  11. Excellent élève, a obtenu une bourse à l'Ecole primaire supérieure de Joinville. Reçu 2ème à l'Ecole normale de Chaumont le 21 juillet 1921.
  12. Elève médiocre, très dissipé et peu franc. A quitté l'école sur un caprice après avoir calomnié son maître.
  13. Reçu au certificat d'études avec le N°1. Excellent élève.
  14. Elève intelligent mais fréquentant peu l'école.
  15. Cet élève ne fréquentait la classe que pendant l'été.
  16. Rappelé par l'Assistance publique.

A la lecture de ces appréciations qui tiennent à rester anonymes, l'on constate que l’échantillonnage des élèves, leurs qualités et leurs défauts, perdurent à travers notre époque, en éliminant certes la notion de travail des champs, que les instituteurs et institutrices n'entraient pas forcément dans les nuances que chaque enseignant actuel est amené à faire.

Bâtiments et matériel scolaires

Ceux qui ont fréquenté les écoles d'Aprey ont usé leurs fonds de culotte sur des tables-bancs de chêne fort anciennes. A la rentrée 2002, celles-ci ont été vendues pour être remplacées par un mobilier moderne adapté, à la demande de Mme Tromenschlager, nouvelle institutrice.

Deux bâtiments d'école

Après le collège proche du presbytère, la salle des fêtes actuelle fut le premier bâtiment scolaire communal, légué par testament de Joseph Mugnier, ancien maire et notaire et alors adjoint, pour servir "de logement de l'instituteur et de l'institutrice, maison en laquelle l'enseignement se fera les douze mois de l'année gratuitement et perpétuellement des enfants des deux sexes des pauvres et indigents de ma paroisse" (1816).

Son épouse née Anne Normand compléta la donation par testaments de 1825 et 1840 et y ajouta une rente annuelle de 150 F pour payer les enseignants. Ce legs ne fut effectivement reconnu qu'en 1850, après de multiples démarches remontant jusqu'au ministre à Paris.

Le second local (école actuelle) appartenant à un autre notaire Croizier, se présentait sous forme d'un corps de logis comprenant rez-de-chaussée et étage (logement actuel), d'une grange, d'une écurie, d'une cour (école actuelle) et d'un petit jardin. Jean Baptiste Chouet, maire d'Orcevaux, nommé expert par le Sous-Préfet, évalua l'ensemble à 8.000 F en 1874. Mais le manque de ressources de la Commune et un vice de forme dans la succession Croizier retardèrent l'acquisition et les travaux. Le Conseil Municipal dut recourir à une souscription auprès des habitants qui produisit 5.182 F (103 souscripteurs) en 1874 et 660 F (2 souscripteurs) en 1876.

En 1875, l'architecte Hannaire de Rosoy dressa les plans pour édifier deux salles d'école pour les filles (grande salle et petite salle actuelles). Ces plans seront revus et corrigés par l'architecte départemental Girard et signifiés à l'entrepreneur Donnot de Prangey. La délibération du 3 Avril 1880 clôt un chapitre qui a dû user beaucoup de patience et de salive.

Dépenses :Recettes :
 Achat des bâtiments :
Frais d'actes :
Travaux :
Intérêt de retard :
TOTAL : 
8.100,00 F
1.108,21 F
4.851,79 F
 907,00 F
14.967,00 F
  Souscription des habitants:
Secours du ministre (1875):
Secours espéré:
Caisse communale: 
5.842,00 F
4.000,00 F
1.000,00 F
4.125,00 F
 

Entretien

Chauffage - Paiement des instituteurs - Mobilier

Salaires :
Les édiles doivent aussi se pencher sur ces problèmes.
En 1841, l'instituteur est rétribué par les parents en fonction de la section où se trouvent leurs enfants.

  • 1ère section : 1 F avec répétition le soir
  • 2ème section : 0,75 F
  • 3ème section : 0,60 F
  • 4ème section : 0,45 F

Ces sommes seront allégées par la rente Mugnier après que le Conseil ait dressé la liste des élèves bénéficiant de la gratuité (1858).
En 1852, le Conseil fixe la rétribution scolaire (familles) à 77 centimes par mois et le traitement de l'instituteur à 650 F par an. En 1877, celui-ci est porté à 1.000 F tandis que les sœurs congréganistes touchent 674 F. La Commune se plaint de la lourde dépense.
En Mai 1882, le salaire est porté à 1.200 F et celui de l'institutrice à 600 F payés 468,10 F par la Commune et 1.331,90 F par subvention du département et de l'état . L'école primaire, grâce à Jules Ferry, est: devenue obligatoire, laïque et gratuite.

Chauffage :
Au départ il est entièrement fourni par les familles. En 1879, le Préfet de la Haute-Marne demande de cesser de faire apporter du bois aux élèves chaque jour et propose-de faire payer une taxe de 1 F ou 1,50 F par élève. En 1944, la Commune dépense 2.000 F pour le chauffage, l'éclairage et le balayage des classes.

Matériel :
En 1865, une bibliothèque scolaire s'installe, financée par une souscription de 380 F et une aide communale de 100 F. Certains donateurs ont offert des livres (10 volumes).
En 1881, le ministre de l'instruction publique accorde une collection de tableaux d'histoire naturelle pour l'école publique des garçons.
A partir des années 1950, outre la prise en charge des biens et fournitures par la Commune, celle-ci verse une allocation scolaire destinée à des achats de matériel pédagogique. Ainsi en 1952, 66 F permettent l'acquisition de 10 cartes de géographie, de matériel scientifique et musical, et du renouvellement de manuels. En 1989, l'informatique fait son entrée puis le matériel actuel est fourni par la Communauté de Communes de la Vingeanne, en 2000.

Aménagement des locaux :
Autre temps, autres mœurs, en 1960 la Commune dote l'école de WC extérieurs et en 1983 les remplace par les sanitaires intérieurs encore en fonction et auxquels un chauffe-eau s'ajoute en 1998.
En 1966, un nouveau parquet couvre la salle de classe.
En 1986, la cour de l'école, par suppression du petit jardin, s'agrandit et une grille est posée sur le mur d'enceinte et l'année suivante un érable est planté et le téléphone installé.
En 1989, la bibliothèque se voit transférée en son lieu actuel.
Ce ne sont là que quelques aménagements dont la liste est trop longue pour figurer ici.

Caisse des écoles - Inspection médicale :
La première apparaît en 1890, financée par le legs Mugnier et voit ses statuts modifiés en 1947 avec pour but de récompenser, en livres ou en livrets de caisse d'épargne, les élèves les plus appliqués tout en maintenant les aides aux élèves indigents ou peu aisés.
En 1943, naît l'inspection médicale scolaire.

Bourses :
A partir des années 1890, le Conseil Municipal doit faire face à l'octroi de bourses aux élèves plus nombreux des lycées voire des grandes écoles comme MARIE Henri-Joseph à St Cy en 1893.

Les trois dernières décennies ...

Les trois dernières décennies modifient complètement le champ scolaire avec l'entrée systématique des enfants en 6ème à l'âge de 11 ans. En 1972, la Commune se rattache au secteur scolaire de Prauthoy. En 1988, pour participer au désenclavement des écoles rurales, Aprey adhère à la "Montagne". Le regroupement pédagogique Aprey-Baissey se réalise avec Leuchey, Villiers, Aujeurres, Baissey et Aprey. des projets se concrétisent
CEL : 1999 création du contrat éducatif local. Des activités (hors temps scolaire) comme le tir à l'arc, l'informatique, le tennis se déroulent à Aprey.

Le RPI s'engage pour la 3ème année dans un projet d'atelier artistique subventionné en grande partie par la DRAC et participe tous les ans à "La Faîtes des Arts" au mois de mai.
Enfin, des sorties nombreuses, des spectacles, s'organisent : déplacements à la piscine, classes de mer ou de montagne, "écoles qui chantent", sur les fonds de la coopérative scolaire, le budget communal et la participation des parents.

Le RPI d'Aprey-Baissey fait partie maintenant du réseau des écoles de la Vingeanne avec Cohons, Longeau, Heuilley-Cotton, Heuilley le Grand, Villegusien, Prangey.

Dans un contexte fort différent, mais toujours avec la même préoccupation, près de trois siècles d'instruction et d'éducation ont contribué à forger notre communauté et continueront de la faire, nous l'espérons, le plus longtemps possible.

Sources :
Registres de délibérations municipales
Originaux de dons et legs (archives municipales)

2002 - Une retraite méritée

Le vendredi 28 juin 2002, la salle François Ollivier a accueilli, dans une réception commune concoctée par les municipalités d'Aprey, Aujeurres, Baissey, Leuchey et Villiers-les-Aprey et les parents d'élèves, le départ à la retraite de Mme Colette Robin, institutrice. Les premières se sont groupées pour offrir une jolie "nature morte" de Chantal Monier tandis que les seconds ont comblé la récipiendaire d'un bijou, d'un voyage dans le Haut Doubs et d'un vase que les élèves ont empli de magnifiques fleurs.

Commencée en 1967, poursuivie dans notre village à partir de 1975, une carrière bien remplie a trouvé son terme en 2002.

Bonne et longue retraite Mme Robin
et bienvenue au successeur, Mme Tromenschlager née Febvre


1975
(première classe à Aprey)

1990-1991

2002
(la dernière classe)


Date de création : 25/06/2006 @ 20:22
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Catégorie : Histoire


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L'électrificationouvrir
Histoire - L'électrification

Aprey « se met au courant »
ou Quand on parle d’électricité (1923-2000)

Naissance du Syndicat d'Électrification (1923)

"Saisi d'une proposition de M. Edouard DESSEIN, Député et Conseiller Général de Langres, pour la création d'un syndicat de communes ayant pour but d'associer certaines d'entre elles aux joies d'une oeuvre d'une utilité intercommunale, consistant dans l'étude des meilleures conditions d'établissement de l'éclairage et de l'énergie pour tous usagers dans les communes intéressées aussi bien pour les services publics que pour les besoins particuliers de quelque nature qu'ils soient" la Commune d'Aprey décide d'adhérer et nomme deux délégués MM. Marquet, Maire, et Goiset Lucien, le 26 octobre 1922. Le 24 décembre 1922, le Conseil vote un crédit de 124,50 F pour les frais d'études de l'électrification de la région. Le 15 avril 1923, "le syndicat électrique des communes rurales de la région langroise" nait et le Conseil Municipal envisage les sommes nécessaires pour la création d'un réseau électrique haute et basse tension. MM. Marquet et André sont élus délégués. Par arrêté préfectoral, le syndicat est créé avec siège à la Mairie de Langres. L'Assemblée Générale décide de confier les travaux à la S.A. "les exploitations électriques" 19 rue Louis Le Grand à Paris pour une somme de 5.900.000 F.

Le 9 septembre 1923, le Conseil Municipal d'Aprey approuve et accepte la somme de 64.604 F revenant à la Commune qui sera financée par 9.000 F de fonds disponibles, 31.781,56 F de subventions et par 23.822,44 F d'emprunt contracté par le syndicat et remboursé par des surtaxes sur la consommation d'électricité ou par des fonds extraordinaires.

Le 17 novembre 1923, après enquête de commodo et incommodo, le Conseil "accorde à la société de production et de distribution d'énergie électrique" la concession considérant que "l'électrification sera utile à la commune et aux habitants en fournissant le courant électrique nécessaire pour l'éclairage et la mise en mouvement de moteurs nécessaires à l'agriculture et à l'industrie".

Réalisation et Financement (1924-1929)

Devis pour l'installation de 13 lampes communalesLe 15 mars 1924, le Conseil fixe le nombre et l'emplacement des lampes d'éclairage public (13 au total) :

  • Rue du Vau (entrée du village Sud) : 1 lampe
  • Place de l'Église : 1 lampe
  • Place du Marché : 1 lampe
  • Grand'Rue : 2 lampes
  • Petite Rue : 1 lampe
  • Entrée du village côté Nord : 1 lampe
  • Rue de la Charmotte (près de la fontaine) : 1 lampe
  • Rue de Paris : 1 lampe
  • Rue des Plantes : 2 lampes
  • Hameau de Villehaut : 2 lampes

La liste des particuliers et le nombre de lampes demandées est dressée et la ligne haute tension reliant Villiers les Aprey à Aprey édifiée. Le Chemin du Ligne haute-tension (dérivation Leuchey-Aujeurres) plan original au 1/2500 du 17 novembre 1924 Bois est utilisé pour alimenter le Hameau de Villehaut (les bases des poteaux existent encore).

Faute d'obtenir un emprunt de 9.000 F auprès du Crédit Agricole, la Commune émet 18 bons de 500 F avec intérêt à 5 % sur 18 ans auprès des particuliers et le 5 juillet 1925, le Conseil peut approuver la convention et le cahier des charges de la concession de distribution d'électricité.

De 1926 à 1928, pour rembourser les huit premières obligations aux particuliers après tirage au sort, le Conseil sollicite la délivrance de coupes affouagères et le 9 juin 1929, les édiles remboursent la totalité de l’emprunt par anticipation.

Électrification des écarts et aménagements divers (1941-2000)

Le 13 juillet 1941, demande est faite pour la Tuilerie et Servin. Si la première est satisfaite, la deuxième se voit reportée. En 1942, M. Joly obtient gain de cause pour sa fromagerie du Pontot. En 1953, après constatation que la ligne de 1925 n'alimente pas la maison Mathey, Rue des Plantes, une subvention communale de 10.000 F lui est allouée pour réalisation.

1961 et 1962 voient enfin l'électrification de Grattedos puis de Servin encore "éclairés au pétrole ou électrifiés avec des moyens de fortune" selon les termes de la délibération.

De cette époque à nos jours, l'électrification revient de nombreuses fois sur le tapis. Citons la création de la nouvelle ligne électrique de Villehaut par les vergers en 1962; le renforcement du haut du village en 1977; "la grappe d'Aprey" en moyenne tension par le chemin des Vignes en 1980; le long débat de 1968 à 1974 opposant la Commune à EDF quant à la constitution de la ligne moyenne tension Champigny-Villemevry et qui doit amputer la Forêt et le site de la Vingeanne; l'enfouissement Rue de la Charmotte et Grand'Rue de 1996 à 1999 et tout dernièrement la dépose de la ligne de Villiers les Aprey avec rattachement de Grattedos au niveau "du Tournant de la Côte" et du Pontot et de la Rue des Plantes grâce à l'enfouissement de la ligne venant de Pariseut.

De la naissance restent encore les quatre fils à nu de la Petite Rue ou de la Rue de Paris qui, sans doute, dans un avenir proche boucleront le renouvellement complet d'une aventure dont aucun de nous ne saurait se passer aujourd'hui et qui marque 78 ans d'activité du Syndicat d'Électrification de la Région Langroise.

Ancien et nouvel éclairage public Grande Rue
Ancien et nouvel
éclairage public
Grande Rue

Lanterne sur la maison Chambre
Lanterne
sur la maison
Chambre


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La grande guerreouvrir
Histoire - La grande guerre

Souvenirs de la Grande Guerre à Aprey

Comme dans la plupart des villes et villages de France, la Guerre 14-18 a laissé des traces indélébiles, dont témoigne, en partie seulement, le monument aux morts.

L'hécatombe du front

Les registres de décès fournissent un certain nombre de renseignements sur 9 des 20 inscrits en lettres capitales au pied de l'église : Raymond, Paul, Victor Girardot tué à Munster (Alsace) le 19 août 1914; Georges, Victor Montjardet "Mort pour la France" le 22 août 1914 à Sainte-Marie aux Mines (Alsace); Marie Henri, Joseph, à Gommecourt (Pas de Calais) le 06 octobre 1914; Ducret Nicolas, Henri, à l'Hôpital de Strasbourg le 20 octobre 1914; Maigrot Roger, Emile, à bord du bateau "Ceylan" à Koum-Kaleh le 27 avril 1915; Mongin Paul, Albert, Jules, à la Cote 607 (Meuse) le 24 juin 1916; Girardot Charles, Henri, à la tranchée Oldenbourg (Somme) le 02 septembre 1916; Miquée Théophile, Félicien, à Wregny (Aisne) le 28 mai 1918; Baudin Adolphe, Henri, à l'Hôpital de Broumana (Syrie) le 05 juillet 1919.

Où sont morts les autres "poilus" fauchés à la fleur de l'âge ? Sans doute, comme beaucoup, dans quelque tranchée du Nord-Est du pays.

D'autres sont revenus mutilés à l'instar de Pierre, Marie, Joseph GOISET, blessé au crâne, trépané et fait prisonnier à l'Hartmannwillerkopf (Vieil Armand) au Sud des Vosges, face à Mulhouse. Sans se plaindre, sans oser parler de l'enfer, Pierre Goiset garda toute sa vie l'impact des combats.

Le maire de l'époque, Eugène HUDELET a du éprouver bien des tourments à avertir les familles cruellement touchées. Le 23 mai 1915, le bureau de bienfaisance vote un "crédit de 200 F aux familles ayant des soldats sur le front". Le 06 août 1916, le même bureau attribue 20 F pour les prisonniers de guerre et 9,87 F pour l'œuvre des orphelins de la guerre et le 03 août 1919, une somme de 250 F pour l'achat d' "une plaque commémorative et de 50 F pour un service religieux" pour les enfants de la commune Morts pour la France.

Suite logique, les années 1916-1917 sont "creuses" au niveau des naissances avec une seule mention chacune.

Les soucis de l'arrière

Aprey se trouve dans la "zone d'action directe de la Place de Langres", ce qui veut dire que celle-ci est chargée d'établir des réquisitions de guerre. Ainsi l'ordre du 5 janvier 1916 concernant les cuirs, peaux de bœufs et vaches présents chez les bouchers et les marchands de peaux ou le reçu de fournitures du 13 août 1914 faisant état de bâches pour une somme de 297,66 F.

Cliquer sur l'image pour agrandir le document (218 Ko)Dans le même ordre d'idées, des recensements de bétail sont établis tant pour les chevaux (ex.: celui du 23 septembre 1914 reproduit ci-contre) que pour les vaches, "génisses et châtrons de moins de 30 mois" ou "veaux de bouche" (ex.: celui du 10 juillet 1918 qui établit, pour 40 propriétaires de bovins, 7 taureaux, 163 vaches dont 2 de travail, 81 génisses et 11 veaux; pour 2 propriétaires d'ovins, 18 bêtes et pour 27 propriétaires de porcs, 45 animaux. Force est de satisfaire les besoins de l’armée en viande fraîche.

D'août à octobre 1914, Célestin Frossard doit convoyer sacs de blé, pommes de terre, avoine, foin, paille, bovins moyennant reçus de paiement du percepteur de Longeau ou du receveur des finances de Langres.

Des allocations militaires sont apportées aux soutiens de famille, ainsi à Jeanne Mugnier (cf. reproduction page suivante).

Le 9 septembre 1914, le gestionnaire de l'Hôpital des Dominicaines à Langres, remercie, par l'intermédiaire du maire, Mademoiselle Goiset qui a organisé une quête en nature et en argent qui a produit une centaine de francs, "un lot important de linge, de légumes et de fruits et une trentaine de douzaines d'œufs, etc...".

Aprey reçoit des réfugiés, notamment deux familles rémoises, "réfugiés de la zone des hostilités". Le premier édile interroge le sous-préfet de Langres sur la nécessité de leur venir en aide (13 avril 1917) et reçoit, le 31 mai 1917, une lettre de Marie Collin à Rougeux le questionnant sur l'occupation de sa maison d’Aprey par ces réfugiés.

Les séquelles finales

En 1918, apparaissent les cartes d'alimentation limitant la ration de pain par personne à 300 g.

Les familles et le personnel des gens cuisant leur pain ne reçoivent pas de tickets. Le maire doit avertir les boulangers que le rendement devra être de 128 kilos de pain pour 100 kilos de farine.

De janvier à juillet 1918, le 166ème Régiment d'infanterie américaine passe et séjourne au village. Deux baraquements sont édifiés, l’un près de la maison Jossinet, l’autre dans les vergers derrière la poste. Un cahier de réclamations est ouvert et note les dégradations dans les maisons, les vols, les bris de clôture, les dégâts aux Bois Marnay et de Roche Martin commis par nos alliés. Une anecdote cocasse concerne Justin Delanne, le 6 juin 1918, qui voit "le sabot du pied droit de son cheval emporté par un auto-camion". Un an plus tard, une indemnité lui est versée par le capitaine américain. La plupart des autres affaires sont également réglées sauf les dommages causés au presbytère et au logement de l'institutrice occupés par les troupes américaines et non encore réglés en 1921.

Vient l'heure de l'Armistice, le 11 novembre 1918, les cloches sonnent à toute volée mettant fin à une atroce période.

Cliquer sur l'image pour agrandir le document (144 Ko)Dès le 15 janvier 1920, "un comité de patronage pour élever un Monument aux enfants de la commune Morts pour la France" est formé et comprend MM. Marquet, adjoint, Pioche Jean-Baptiste, Goiset Lucien, Hudelet Eugène, Auguste Mathey, Guenot, Victor Aubertot, Victor Montjardet et Goiset Alexandre. Il décide d'une souscription et demande le placement à la Caisse d'Épargne des fonds déjà collectés, soit 1 620 F. Le 18 avril 1920, le conseil municipal vote un crédit de 470 F pour offrir un banquet à 47 "démobilisés".

Le 2 août 1920, l'Assemblée municipale sous la présidence d'Abel Marquet vote un crédit de 500 F pour l'érection du Monument aux Morts "qui s'ajouteront aux trois cent francs inscrits au budget du Bureau de bienfaisance et aux 2 000 F produits par la souscription ouverte dans la Commune". Le Monument aux Morts va ainsi s'adosser au porche de l'église et être réalisé par l'entreprise Guillée de Langres.

Nota Bene : Selon un document conservé en mairie, la souscription a produit réellement 2345,25 F en 117 versements de 0,50 F à 200 F, sommes venant des particuliers mais aussi des pompiers, des garçons du village, de quêtes lors de mariages et même de personnes résidant à Paris, à Lille ou à Reims.


Date de création : 25/06/2006 @ 20:26
Dernière modification : 03/07/2006 @ 23:51
Catégorie : Histoire


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Cent ans de dévouementouvrir
Histoire - Cent ans de dévouement

1900-2000 : cent ans de dévouement municipal

Maires

  • 1888-1906 : Eugène Hudelet

  • 1906-1908 : Henri Baudin

  • 1908-1912 : Jean-Baptiste Pioche

  • 1912-1919 : Eugène Hudelet

  • 1919-1920 : Raymond Baudin

  • 1920-1929 : Abel Marquet

  • 1929-1932 : Eugène Hudelet

  • 1932-1934 : Marcel Boisselier

  • 1934-1952 : Louis Guyot

  • 1952-1959 : Pierre Goiset

  • 1959-1995 : Maurice Aubertot

  • 1995 ........ : Gilles Goiset

Adjoints

  • 1900-1906 : Auguste Mathey

  • 1906-1912 : Lucien Goiset

  • 1912-1919 : Auguste Mathey

  • 1919-1920 : Abel Marquet

  • 1920-1927 : Henri André

  • 1927-1932 : Auguste Mathey

  • 1932-1934 : Robert Girardot

  • 1934-1945 : Abel Marquet

  • 1945-1952 : Pierre Goiset

  • 1952          : Louis Guyot

  • 1953-1959 : René Marquet

  • 1959-1965 : Pierre Goiset

  • 1965-1995 : Louis Mathey, 1er adjoint

  • 1977-1989 : Marcel Goiset, 2nd adjoint

  • 1989-1995 : Gilles Goiset, 2nd adjoint

  • 1995-2000 : Alain Girardot, 1er adjoint

  • 1995-2001 : Michel Gauvain, 2nd adjoint


Date de création : 25/06/2006 @ 20:28
Dernière modification : 01/07/2006 @ 19:30
Catégorie : Histoire


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Les sapeurs-pompiersouvrir
Histoire - Les sapeurs pompiers

Vie et mort d'un corps de Sapeurs-pompiers qui allait avoir 100 ans

Les années 1900

Par délibération du 10 octobre 1900 approuvée le 3 novembre, le Maire Eugène Hudelet et son Conseil, s'appuyant sur les lois de 1875 et une population de 391 habitants, décidèrent la création d'une "subdivision de compagnie de Sapeurs-Pompiers de 15 membres". Conformément à la réglementation, ils engagèrent également la Commune à équiper et indemniser les pompiers (indemnité annuelle de 5 F par sapeur). MM. Pioche et Goiset Lucien, conseillers, étaient chargés d'examiner les demandes d'admission dans le corps.

Sapeurs-Pompiers en manoeuvre - 1900-1905La même année, était retenu le local pour loger le matériel, entre autre la pompe à bras actuelle, et il s’avéra qu’une pièce disponible à l'école des filles "dont il suffisait de percer une porte et de reculer une cloison" allait pourvoir à cet effet (garage de l'école actuelle).

Le 17 février 1901, Eugène Hudelet arrêtait le règlement prévoyant l'habillement, "les peines disciplinaires", les manœuvres qui devaient se tenir chaque premier dimanche de mois "du 1er avril au 1er octobre à 5 heures du matin" (environ 7 heures actuelles) et "du 1er octobre au 1er avril à 7 heures du matin" (environ 9 heures). Le même jour, le Conseil votait les crédits nécessaires pour l'achat d'une pompe (8 F) et l'équipement des sapeurs dont un clairon et un tambour (70 F). Le 23 mars 1902, 150 F furent affectés à l'habillement. Un sous-lieutenant dirigeait la subdivision.

Une adaptation progressive

En 1967, une nouvelle échelle venait remplacer l'ancienne acquise en 1906 (échelle qui se trouve sous la Halle aujourd'hui) lourde et peu maniable et les premiers seaux-pompes et extincteurs faisaient leur apparition.

En 1968, deux réserves à incendie étaient construites à Villehaut et à Aprey avec la nécessité d'adapter la tuyauterie aux bouches à incendie (1969).

Le 17 Juillet 1971, le Maire Maurice Aubertot et son Conseil Municipal, à la demande du Chef de Corps Louis Mathey, décidait l'achat d'une pompe à incendie GUINARD tirée et activée par un tracteur pour un montant de 3500 F et ce, afin de pouvoir secourir ceux qui ne se trouvaient pas protégés par les bouches à incendie. La vieille pompe à bras prenait le chemin du local dans la halle communale (qui avait remplacé celui d'origine) en compagnie des seaux de toile pour ne plus guère sortir que lors des réjouissances du 14 juillet.

La subdivision devenue Centre de Première Intervention s'équipait encore en bottes-feu en 1987 (440 FHT la paire), en nouveaux tuyaux, en tenues et casquettes en 1995 pour un corps composé de 13 membres.

La fin du CPI

En 1996, le Parlement votait la départementalisation des services d'incendie et de secours (SDIS) chargée de mettre en place la réglementation.

Les nouvelles normes tombaient : trois sapeurs capables d'intervenir 24h/24 dans les dix minutes, formation initiale à trois niveaux axée surtout sur le secours aux personnes, conseil consultatif communal des sapeurs-pompiers, tenue de registres, matériel performant comprenant bouteilles à oxygène, brancard, véhicule.

Incapable de signer le nouveau règlement intérieur qu'on lui imposait pour le 31 décembre 1999, la mort dans l'âme, le Conseil Municipal devait prononcer la dissolution du CPI dans sa réunion du 1er décembre 1999.

Afin de marquer sa réprobation unanime, suite à une délibération et un échange de courrier virulent avec le président départemental et le Préfet, le Conseil et le Maire demandaient aux Pompiers d'Aprey d'effectuer une dernière manœuvre symbolique le dimanche 19 avant la fin des hostilités au 31 décembre, manœuvre bien relatée dans le "journal de la Haute-Marne" du 21 décembre.

Ainsi disparaissait, après presque un siècle d'existence, une partie de l'âme du village où des générations de bénévoles s'étaient dévouées pour le service de leurs semblables, sous des chefs de corps dont nous ne citerons que les quatre derniers : Morisot Henri, Aubertot René, Mathey Louis et Didier Jean (et son précieux adjoint Yves Robin). Le corps de sapeurs-pompiers entrait dorénavant dans l'histoire, une histoire que nous avons essayé de vous conter brièvement.

Souvenir des Sapeurs-Pompiers - 1900-1905

Souvenir des Sapeurs-Pompiers
1900-1905 - Aprey

En partant du bas de gauche à droite :

  • 1er rang : Emile Chaudouet, Alfred Frossard, Célestin Frossard (chef de corps), Louis Pébret, Charles Heinrick, Théophile François (debout).

  • 2ème rang : Albert Frossard, Jules Poinsot, Abel Marquet, Edmond Berbeth, Charles Montjardet, Auguste Mathey (adjoint).

  • 3ème rang : Henri Morisot, Ernest Jossinet, Jules Royer, Lucien Montjardet.


Date de création : 25/06/2006 @ 20:30
Dernière modification : 01/07/2006 @ 19:29
Catégorie : Histoire


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Généalogieouvrir

La mémoire de nos ancêtres d'Aprey

Ces pages recensent les personnes ayant, elles-mêmes ou via leur conjoint, un lien direct avec la commune d'Aprey : naissances, mariages, décès…

La liste n'est pas exhaustive et, par respect de la vie privée, les personnes nées il y a moins de 100 ans n'y figurent pas. Si vous disposez d'informations complémentaires (fichier Gedcom, actes, sources), merci de les partager afin d'enrichir cette mémoire collective.

Dernière mise à jour originale : 4 juillet 2006.